« Les transferts monétaires conditionnels : une innovation du Sud transposable en France ? », Revue de droit sanitaire et social, n° 6, 2010, pp. 1151-1159.

La question générale d’un lien entre prestations et obligations est vieille comme le monde. Une manière originale de l’aborder est le détour par le repérage et l’analyse d’innovations en dehors des murs hexagonaux. Les Transferts Monétaires Conditionnels (TMC), liant service de prestations familiales et contreparties des parents et des enfants, sont progressivement devenus un des principaux instruments de politique sociale du monde en développement. Outils de lutte contre la pauvreté et d’investissement dans le capital humain, les TMC (en anglais CCT pour Conditional Cash Transfer) ont un double objectif. Il s’agit à la fois de réduire, dans le court terme, la pauvreté infantile et, dans le moyen terme, d’augmenter l’implication des parents auprès de leurs enfants. La logique de ces TMC est explicitement expérimentée à New York. Elle se profile dans l’idée récente et très controversée d’une « cagnotte » récompensant, en France, l’assiduité scolaire de lycéens.

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« Que pensent les Français de la pauvreté ? », Droit social, n° 12, 2010, pp. 1143-1149.

La lutte contre la pauvreté est, aujourd’hui, un élément majeur des politiques sociales. Sous les triples effets du chômage, des changements familiaux et des migrations qui bouleversent les structures et les revenus des ménages, la pauvreté est redevenue, en France, une question centrale pour les pouvoirs publics, pour le droit et pour les individus. Qu’en pensent ces derniers ? Une étude à partir d’enquêtes d’opinion, françaises et européennes, permet de dresser un portrait assez caractéristique.

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« Les Nations Unies et la lutte contre la pauvreté : la mise en œuvre problématique des Objectifs du Millénaire pour le Développement », Revue de droit sanitaire et social, vol. 47, n° 5, 2010, pp. 871-884.

La communauté internationale s’est engagée en 2000 avec d’ambitieux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), couvrant un vaste ensemble de problèmes sanitaires et sociaux. Le premier de ces objectifs consiste à diminuer de moitié la pauvreté dans le monde d’ici 2015. Celle-ci, évaluée à l’aune du critère dit de « un dollar par jour », fait l’objet de mesures et de débats sur ces mesures élaborées principalement par la Banque mondiale. Alors que les deux tiers du chemin ont été parcourus, l’optimisme, sur le plan de la pauvreté monétaire, peut prévaloir. Les objectifs globaux pourront probablement être atteints. Les résultats sont cependant principalement entraînés par les géants démographiques et économiques que sont devenus la Chine et l’Inde. Par ailleurs, depuis les crises économiques et alimentaires de la fin de la décennie 2000, le pessimisme est plutôt devenu de mise pour l’ensemble des OMD.

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« Les villes face aux défis de l’attractivité. Classements, enjeux et stratégies urbaines », Futuribles, n° 367, 2010, pp. 25-46.

Depuis une décennie, la notion d’attractivité fait florès dans les approches consacrées aux territoires comme dans les discours des élus et les travaux des experts. L’attractivité peut a priori apparaître comme une notion fourre-tout donnant lieu à un florilège d’indicateurs de toute sorte et à un nombre désormais impressionnant de palmarès dont la cohérence n’est pas toujours évidente. Mais ne s’agit-il que d’un mot-valise à l’usage d’un marketing urbain de circonstance ou, au contraire, d’un nouveau concept indispensable à l’évaluation de la performance et de la dynamique des territoires ?

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« L’éducation financière. Une innovation sociale en plein développement », Futuribles, n° 361, 2010, pp. 43-50.

L’éducation financière désigne l’ensemble des programmes de formation assurant un socle de connaissances en gestion, en finance, en économie. Des rudiments en ces matières sont maintenant considérés comme un élément essentiel des besoins contemporains, comme l’une des premières nécessités pour bien vivre. A ce titre, l’éducation financière campe en bonne place des opérations concrètes visant à promouvoir et améliorer les « life skills ».

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« L’adieu à Bismarck ? », Sociétal, n° 70, 2010, pp. 147-151.

Les États providence d’essence bismarckienne, dont la France, ne seraient pas réformables. C’est plutôt la thèse inverse qui se vérifie. Une plongée dans les évolutions récentes de la protection sociale en Europe continentale souligne l’absence de déterminisme institutionnel et d’importantes capacités de modernisation. L’occasion d’une révision et d’un panorama.

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« Les incendies comme indice d’inégalités ? », Urbanisme, n° 373, 2010, p. 7

La Préfecture de Police de Paris a publié la carte des incendies qui ont eu lieu en 2008 par arrondissement. Le document renseigne les habitants sur les occurrences des sinistres. Une telle information est utilisable pour approcher nombre de problèmes sociaux et urbains. On pense à l’hétérogénéité de la qualité du bâti. On peut aussi avoir à l’esprit l’escroquerie aux assurances. On peut encore penser à la diversité (et parfois à la vétusté) des équipements, notamment d’éclairage et de chauffage, dans les bâtiments. On peut imaginer disposer, de la sorte, d’une approche particulière des inégalités. Il y a bien sur inégalités, de fait, face à ce risque particulier, mais ce risque est certainement lié aux conditions sociales d’habitation.

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« Quelques opinions de dirigeants de Caisses de Sécurité sociale, au regard de celles des Français et des Européens », Regards (revue de l’En3s), n° 38, 2010, pp. 106-112.

Cette contribution, de format original, s’appuie sur une enquête réalisée à l’occasion des « Premières rencontres du régime général » organisées par l’UCANSS les 1er et 2 décembre 2009. Il s’agissait d’une interrogation, réalisée par voie électronique, des participants à ces deux journées de colloque. Une centaine de Directeurs ont bien voulu accepter de renseigner le questionnaire. Celui-ci n’était pas constitué de questions adaptées à l’événement et à la population, mais d’éléments tirés de questionnaires d’études plus larges menées régulièrement par le Crédoc sur les aspirations et les conditions de vie des Français. Quelques questions ont également été reprises de sondages Eurobaromètres, ce qui permet, habituellement, de situer les Français dans le concert européen, et donc maintenant également les dirigeants. Enfin quelques questions ont été extraites des enquêtes dites « Valeurs » (car, précisément, elles portent sur les valeurs), menées tous les dix ans.

« Long way », Sociétal, n° 68, 2010, pp. 124-130.

La question noire américaine est loin d’être réglée. De gigantesques progrès ont accompagné l’évolution des droits et du marché de l’emploi. Les Afro-Américains continuent néanmoins à vivre des difficultés concentrées (géographiquement et socialement). C’est en remettant à l’ordre du jour, franchement, ces singularités, avec leurs responsabilités collectives et individuelles, qu’il sera possible d’avancer encore.

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« Les craintes à l’égard du déclassement », Regards croisés sur l’économie, n° 7, 2010, pp. 84-86.

Un spectre hante la société française : le déclassement. Le concept est assez riche pour désigner des phénomènes différents, mais convergents, et pour appeler, en raison de sa relative nouveauté, une réflexion innovante sur un État providence bien incapable d’assurer ce qu’il promettait : une certaine sécurité de destin.

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« Projet social et projet urbain. Remarques théoriques », Études foncières, n° 144, 2010, p. 43.

Se poser la question de la place du social dans le projet urbain, et, plus précisément, dans l’urbanisme opérationnel, revient souvent uniquement à comptabiliser le nombre de logements sociaux dans les annonces et réalisations des programmes concrets qui accompagnent le projet. Or le social ce n’est pas seulement du logement. L’impact social des interventions territoriales dépasse largement la réservation de foncier ou de bâti pour des populations particulières. Plus généralement la question se pose des liens entre politiques sociales et politiques urbaines. C’est tout le propos de cette contribution, à vocation plutôt théorique (certains liront ésotériques), que de souligner les interdépendances croissantes entre politiques sociales et politiques urbaines. Plus globalement même, on peut soutenir que projet social et projet urbain relèvent pleinement de la même logique, celle d’une intervention publique qui se métamorphose, dans le flou rhétorique, mais aussi dans le concret pratique d’actions et de planifications qui visent de concert les espaces et les populations qui y vivent.

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« Sans-abrisme et lutte contre le sans-abrisme dans l’Union européenne », L’Observatoire, n° 64, 2010, pp. 80-85.

L’année 2010 a été proclamée « année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ». Cette décision, visant la communication et la mobilisation, offre l’occasion de revenir sur l’une des dimensions les plus visibles et les plus prononcées de l’exclusion sociale : le sans-abrisme (le terme s’est imposé dans la littérature européenne).

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« Les politiques sociales au défi de l’innovation. Présentation de l’étude Futuribles », Regards (revue de l’En3s), n° 37, 2010, pp. 139-151.

(avec Pierre-Yves Cusset, François de Jouvenel, Sylvain Lemoine).

Les politiques sociales sont, elles aussi, concernées par le processus d’innovation. Ce phénomène n’est pas récent, comme en témoigne, par exemple, la création des assurances sociales en Allemagne et sa diffusion dans les autres pays développés au tournant du XXème siècle.

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« L’urbanisation mondiale : bienfait ou fléau ? », Réflexions immobilières, n° 51, 2010, pp. 43-47.

2008 a signé, dans une certaine mesure, une inflexion dans l’histoire mondiale. La population urbaine est devenue majoritaire. Un être humain sur deux, soit environ 3,3 milliards de personnes, habitent maintenant en ville. Ils n’étaient qu’un sur dix au début du XXème siècle. D’ici à 2050, la population urbaine pourrait atteindre 6,4 milliards, soit 70 % des habitants de la planète. Cette puissante dynamique d’urbanisation suscite autant d’inquiétudes, en termes de développement durable par exemple, que d’espoirs, en termes d’émancipation et d’amélioration des conditions de vie.

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