« Simplifier le système de solidarité », Le Monde, 11 juin 2011

Conçu pour accompagner une période de croissance puis chargé d’atténuer les effets de la crise, le RSA fait à nouveau couler de l’encre. Attaqué à sa naissance comme institutionnalisation du « précariat » (critique de gauche), il est dénoncé maintenant comme incarnation de l’« assistanat » (critique de droite). Ceux qui le vilipendaient naguère, le défendent aujourd’hui. Et vice-versa. Le RSA, il faut le répéter, est double. Il contient, d’abord, l’ancien RMI. Ce RSA « socle » est, par nature, une prestation d’aide sociale (c’est-à-dire d’assistance). Il comporte, ensuite, un soutien aux revenus professionnels modestes. Ce RSA « activité » entretient, par construction, des liens avec la précarité puisqu’il vient compléter des ressources tirées souvent de situations et de statuts instables. Avec assistance et précarité dans son périmètre de définition et d’intervention, le RSA alimente des polémiques récurrentes (sur les contreparties, les trappes d’inactivité, les fraudes).

Télécharger (DOC, 34KB)

Les classes moyennes et le logement, Paris, Fondation pour l’innovation politique, 2011.

Les classes moyennes, aux frontières floues et poreuses, sont affectées par un déclassement (ressenti et observé) en ce qui concerne le logement (celui dans lequel elles se trouvent, celui auquel elles aspirent, celui auquel elles peuvent prétendre). Pour ces catégories centrales de la hiérarchie sociale, le pluriel n’est pas que de circonstance. Concrètement, il s’agit des personnes et ménages qui ne vivent ni l’aisance ni l’assistance, ni dans les banlieues huppées ni dans les quartiers défavorisés. Ce sont les strates inférieures des classes moyennes, quelles que soient les définitions et délimitations retenues, qui rencontrent, en termes de logement, le plus de difficultés, se rapprochant des catégories les moins favorisées.

Dans l’ensemble, les mécanismes sociofiscaux ne sont pas favorables aux classes moyennes (les aides au logement vont d’abord aux moins favorisés, les dépenses fiscales bénéficient aux mieux lotis). Alors que, historiquement, la politique du logement a plutôt visé les classes moyennes, celles-ci sont désormais relativement mises de côté par rapport, d’une part, aux ménages les plus pauvres et, d’autre part, aux investisseurs plus aisés. Dans leur diversité, les ménages ainsi rassemblés adoptent des stratégies d’adaptation, de sécurisation et de localisation qui accompagnent les transformations des territoires en France. L’éclatement structurel des classes moyennes se double de l’émiettement des territoires.

Télécharger (PDF, 743KB)