Articles d’expertise et de valorisation

« Quelles solutions face à la précarité ? », Sciences Humaines, n° 289, 2017, pp. 48-51.

Les politiques publiques contre la précarité   Julien Damon Professeur associé à Sciences Po Dernier ouvrage paru : 100 Penseurs de la société (PUF, 2016)   La notion de précarité, devenue un élément important des débats politiques et des expertises sociales, désigne des situations et phénomènes différents mais convergents. Il s’ensuit des programmes d’action publique dans des domaines variés mais avec des points communs. Concrètement, la précarité désigne une absence ou une insuffisance de revenus, mais aussi une instabilité des situations. C’est dans les années 1980, alors que l’on parlait beaucoup de « nouvelle pauvreté » et, en réponse, de « nouvelles solidarités » que…

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« Rétrospective de la prospective de la branche Famille de la sécurité sociale : variables, scénarios et enseignements », Informations sociales, n° 193, 2016, pp. 86-93

Rétrospective de la prospective de la branche Famille Variables, scénarios et enseignements   Julien Damon   Julien Damon est professeur associé à Sciences Po et conseiller scientifique de l’École nationale supérieure de la sécurité sociale (En3s). Il a été responsable de la recherche et de la prospective à la CNAF de 1999 à 2005. Dernier ouvrage paru : La sécurité sociale (PUF, coll. « Que sais-je ? », 2015).   La branche famille est familière de la prospective. Les démarches les plus récentes s’inscrivent dans une tradition de travaux d’anticipation, de projection et de prospective remontant aux années 1960. La branche, notamment par l’intermédiaire…

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« Sociétés et modes de vie dans le monde. Grandes tendances d’évolution à l’horizon 2030-2050 », Futuribles,n° 415, 2016, pp. 77-91.

Évolution des sociétés et des modes de vie dans le monde   Julien Damon   On ne saurait, aux horizons 2030 et 2050, peindre un panorama prospectif exhaustif des évolutions sociales possibles dans le monde. On peut, en revanche, insister sur des tendances extrêmement structurantes. On en retiendra quatre. Le monde sera, demain, moins pauvre. La perspective d’extinction de la pauvreté extrême n’est pas utopique, même s’il faut conserver à l’esprit le sujet de la progression des inégalités. Deuxième dynamique, les classes moyennes émergentes vont très probablement continuer à s’affirmer, avec leurs nouvelles aspirations et d’importants potentiels de consommation. Troisième…

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« La résidence alternée des enfants », Commentaire, n° 155, 2016, pp. 646-651.

    La résidence alternée des enfants   Julien Damon   Passée de la proscription à la prescription, puis à la normalisation, la résidence alternée est une organisation de l’hébergement et de l’existence des enfants de parents séparés. Elle consiste, essentiellement, en un partage du temps de l’enfant, selon une fréquence d’alternance qui peut varier, entre deux foyers. L’enfant a ainsi deux foyers, deux logements et, plus concrètement, deux chambres. Il s’agit, pour lui, de s’adapter à un mode de vie que lui ont choisi ses parents (comme après toute séparation).   Un enfant peut être, une semaine, en famille…

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« Du RMI au RSA, heurs et malheurs des politiques actives d’insertion », Les Cahiers français, n° 390, 2016, pp. 38-43.

Du RMI au RSA, heurs et malheurs des politiques actives d’insertion   Julien Damon Professeur associé à Sciences Po www.eclairs.fr   Le revenu minimum d’insertion (RMI), le revenu de solidarité active (RSA), et, entre les deux, le revenu minimum d’activité (RMA), aujourd’hui presque totalement oublié, ont fait couler beaucoup d’encre. A chaque fois présentées comme des réformes majeures, ces innovations bousculent des principes et des institutions. Prestation sui generis, le RMI est le socle des transformations suivantes qu’ont été le RMA puis le RSA. Alors que le RMI avait fait, dans son principe globalement consensus il n’en a pas été…

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« Pauvreté et précarité en chiffres », Les Cahiers français, n° 390, 2016, pp. 8-14.

    Pauvreté et précarité en chiffres   Julien Damon Professeur associé à Sciences Po www.eclairs.fr   Qui et combien sont les pauvres et les précaires ? Tout dépend des définitions. Sous un déluge de données et d’approches toujours plus sophistiquées, il est difficile de se faire, aisément, une idée. Et différentes thèses peuvent être valablement soutenues, à partir des mêmes sources d’information. Un peu de pédagogie s’impose pour tenter d’y voir clair. On proposera, d’abord, un tableau synthétique des approches de la pauvreté et de la précarité. On s’arrêtera, ensuite, sur les trois possibilités de suivi des phénomènes : indicateur unique,…

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« Trop protéger, c’est punir », Le Point, 19 février 2015

Locatif : trop protéger c’est punir   Dans le secteur du logement on rappelle souvent, après l’économiste suédois Assas Lindberck, que le contrôle des loyers serait « le moyen le plus efficace de détruire une ville, avec le bombardement ». La formule, un rien exagérée, rappelle qu’un niveau exorbitant de sécurité offert aux ménages qui paient pour louer va à l’encontre des intérêts de ceux qui mettent en location. Des garanties excessives en faveur des premiers s’étendent au détriment des seconds, qui se retirent du marché. Et l’ambition vertueuse de protéger les locataires, alimentant une pénurie croissante de logements, se transforme…

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“Les métamorphoses de la famille Rétroprospective, tendances et perspectives”, Futuribles, n° 396, septembre-octobre 2013, pp. 5-21

  L’orientation des interrogations et des inquiétudes concernant la famille a bien changé. Alors que l’on se tournait auparavant vers le passé, pour tenter de retrouver les racines de cette institution, on se tourne de plus en plus vers le futur, pour tenter d’en dégager les formes et les contours à venir. Principal inspirateur des réformes du droit de la famille dans les années 1960 et 1970, Jean Carbonnier – que l’on appelle, par révérence, le Doyen Carbonnier – l’avait bien saisi. « Famille, a-t-il écrit, si les savants d’il y a cent ans se demandaient d’où elle venait ; ceux…

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« Les familles recomposées », Études, n° 4185, mai 2013, pp. 619-630.

Les familles recomposées : contours, évolutions et situations. Une tentative de synthèse Familles recomposées. L’expression, après hésitations, a été proposée par des chercheurs avant de pénétrer le vocabulaire courant[1]. Ces cellules familiales aux contours incertains, tant pour leurs membres que pour les observateurs, ne sont pas une entière nouveauté. Les recompositions familiales étaient autrefois courantes, et souvent rapides. Consécutives à des décès, elles passaient par le remariage d’un veuf ou d’une veuve. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les unions étaient rompues par la mort d’un des deux conjoints alors qu’aujourd’hui la cause principale des ruptures est le divorce (ou la…

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Gary Becker et les choix rationnels – “Gary Becker – L’individu calculateur”, Sciences Humaines, Grand Dossier n° 30, 2013.

Gary Becker, au carrefour de la sociologie et de la science économique, s’est intéressé à des sujets aussi divers que les discriminations, le capital humain, l’allocation du temps, la criminalité, la justice, la famille. Son point d’entrée : la rationalité des individus. Il s’agit d’éclairer les comportements humains à la lumière des incitations qui peuvent freiner ou favoriser une décision. De cette perspective d’analyse des problèmes sociaux avec les outils de la science économique, il ressort que l’on s’engage dans un acte délictueux, dans une carrière criminelle, dans une union (ou dans une séparation) en pesant, plus ou moins finement, les…

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“Les politiques familiales : y a-t-il une spécificité française ?”, Les Cahiers français, n° 371, 2012.

En France, la famille constitue un domaine bien ciblé de l’action publique. L’ensemble des dispositifs destinés aux familles représentent près de 4 % du PIB, le niveau le plus élevé des pays de l’OCDE. Mais, contrairement a? de nombreuses politiques publiques dont les coûts sont souvent jugés excessifs par rapport a? leur efficacité, les politiques familiales bénéficient d’un regard positif, aussi bien dans le cadre national qu’a? l’extérieur des frontières.  

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“Le modèle social : richesse ou frein économique ?”, Problèmes économiques (numéro spécial), septembre 2012.

Célébré ou décrié – c’est selon – le modèle social français est devenu une composante essentielle de la controverse politique et du débat économique. Érigé, par les uns, en locomotive du progrès social et de la croissance, il est conspué, par les autres, en tant que boulet pesant sur la compétitivité. Ce « modèle social » rassemble l’ensemble de la protection sociale, au cœur de laquelle on trouve la Sécurité sociale, établie pour les travailleurs à partir de 1945, et, plus largement, l’ensemble des services publics. L’idée d’un « modèle social français », qui s’organise autour des politiques sociales mais aussi du…

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« Le modèle social est-il soluble dans la mondialisation ? », Les Cahiers français, n° 367, 2012, pp. 21-26.

Le modèle social est-il soluble dans la mondialisation ? La question suppose un modèle social français « solide » (au moins au sens de ferme et de stable) qui se trouverait sous la menace d’une mondialisation « liquide » (au moins au sens de diffuse). Chimiquement, dissoudre signifie « se fondre » et, par extension, « disparaître » dans un solvant qui serait, en l’occurrence, la mondialisation. S’intéresser à la dissolubilité du modèle social c’est se demander, d’une part, si la mondialisation conduit à la démolition du modèle social, et/ou, d’autre part, si la mondialisation pousse à une incorporation du modèle français à des logiques différentes. Sous cette problématique…

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« Le triomphe de la cité. Les atouts économiques de la ville selon Edward Glaeser », Esprit, n° 6, 2011, pp. 168-173.

Alors que l’urbanisation continue à partout progresser, en termes de consommation des espaces et, surtout, de mœurs et modes de vie, les villes sont l’objet de toutes les attentions. Quelles priorités dans leur gestion ? Quelles formes urbaines privilégier ? Qu’attendre de ces créations humaines longtemps décriées et maintenant célébrées, notamment pour leur créativité et leur dynamisme économique ?

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« L’urbanisation mondiale en perspective positive », Études, n° 6, 2011, pp. 739-749.

L’avenir ne se prévoit pas. Il se prépare. Tel est probablement le principal enseignement de la prospective. Certaines inerties démographiques sont néanmoins clairement à l’œuvre. S’il y a quelque chose d’assuré, au-delà des subtilités statistiques, c’est que le monde de demain sera plus urbain. Une grande partie des enjeux du XXe siècle se  trouvent dans les villes des pays en voie de  développement.

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« L’urbain ‘audité’ par la Commission européenne », Études foncières, n° 151, 2011, pp. 8-9.

Les données sur les villes sont aussi abondantes que débattues. Abondantes, car nombre de sources et d’enquêtes différentes apportent de l’information. Débattues, car, pour être bref, les méthodologies de collecte et la comparabilité des données ne sont pas toujours assurées. On peut en revanche repérer des initiatives intéressantes cherchant à compiler de manière systématique les informations disponibles et à les traiter.

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« Fraudeurs dans les transports en commun », Urbanisme, n° 378, 2011, p. 16

Les opérateurs et les financeurs des transports collectifs ont, en France, du souci à se faire. La fraude, difficile à qualifier juridiquement et à quantifier précisément, rassemble des étourdis, des rebelles, des joueurs ou des calculateurs. Les chiffres correspondent, comme pour la plupart des données de la délinquance, à une mesure des activités de lutte contre la fraude. Imprécisions et inquiétudes caractérisent donc un dossier important. Mais si les responsables des investissements, de l’exploitation et de la sécurité ont à se faire des cheveux blancs, c’est parce que la tolérance française à l’égard de cette fraude singulière est élevée.

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« Quel avenir pour les cimetières urbains ? », Urbanisme, n° 377, 2011, p. 12.

La progression de la crémation (plus d’un quart des obsèques maintenant contre 1 % en 1980) est à mettre en relation avec la préférence majoritaire, exprimée par la population aujourd’hui en vie (dont celle qui est encore très éloignée de l’échéance ultime,) pour ce choix qui, partant, relègue peu à peu l’inhumation. Ce recours accru, appelé encore donc à grandir, a pour conséquence une transformation de la place et du rôle des cimetières. Il traduit de profondes transformations des mentalités et des représentations. À terme, il invitera à reconsidérer, en profondeur, les cimetières, leur emplacement et leurs usages.  

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« SDF et DALO : quelques constats sociologiques », Cahiers de la fonction publique & de l’administration, n° 307, 2011, pp. 10-12.

La loi établissant l’opposabilité du droit au logement, comme nombre d’autres dispositions importantes relevant de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, a été légitimée, discutée et montée de manière à bénéficier, théoriquement, aux sans-abri. Le DALO, au-delà des préoccupations de montée en charge et du caractère plus ou moins insuffisant de l’offre de logement, est-il seulement adapté, dans son principe ? Pour y répondre, quelques retours sur des constats sociologiques sont utiles. On s’intéressera ensuite à ce que peut emporter un objectif ambitieux comme celui de « zéro SDF ».

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« L’Union européenne dans vingt ans », Sociétal, n° 72, 2011, pp. 116-121.

À quoi ressemblera l’Union européenne dans 20 ans ? Il est, bien entendu, pratiquement impossible de donner une réponse précise. Une option raisonnable consiste à donner la parole à quelques experts de « haut niveau » (comme on dit à Bruxelles), pour des points de vue, des fictions raisonnées et des projections. Il est judicieux de compléter ces propos par ce que pensent les Européens de leur avenir.

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« ’Ghetto’ et ’mixité sociale’ selon les dépêches AFP » , Urbanisme, n° 375, décembre 2010.

Les expressions « ghetto » et « mixité sociale » campent en bonne position du palmarès des termes maintenant les plus employés et les plus discutés lorsque l’on aborde les politiques urbaines. Un court détour par les dépêches AFP permet un peu de clarté et de rappel dans le langage et les débats français. On verra, notamment, que l’usage du « ghetto » s’est, en réalité, progressivement effacé, tandis que celui de « mixité sociale » (dans une certaine mesure, en réponse au premier) s’est, lui, récemment étendu.

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« L’adieu à Bismarck ? », Sociétal, n° 70, 2010, pp. 147-151.

Les États providence d’essence bismarckienne, dont la France, ne seraient pas réformables. C’est plutôt la thèse inverse qui se vérifie. Une plongée dans les évolutions récentes de la protection sociale en Europe continentale souligne l’absence de déterminisme institutionnel et d’importantes capacités de modernisation. L’occasion d’une révision et d’un panorama.

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« Les incendies comme indice d’inégalités ? », Urbanisme, n° 373, 2010, p. 7

La Préfecture de Police de Paris a publié la carte des incendies qui ont eu lieu en 2008 par arrondissement. Le document renseigne les habitants sur les occurrences des sinistres. Une telle information est utilisable pour approcher nombre de problèmes sociaux et urbains. On pense à l’hétérogénéité de la qualité du bâti. On peut aussi avoir à l’esprit l’escroquerie aux assurances. On peut encore penser à la diversité (et parfois à la vétusté) des équipements, notamment d’éclairage et de chauffage, dans les bâtiments. On peut imaginer disposer, de la sorte, d’une approche particulière des inégalités. Il y a bien sur…

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« Quelques opinions de dirigeants de Caisses de Sécurité sociale, au regard de celles des Français et des Européens », Regards (revue de l’En3s), n° 38, 2010, pp. 106-112.

Cette contribution, de format original, s’appuie sur une enquête réalisée à l’occasion des « Premières rencontres du régime général » organisées par l’UCANSS les 1er et 2 décembre 2009. Il s’agissait d’une interrogation, réalisée par voie électronique, des participants à ces deux journées de colloque. Une centaine de Directeurs ont bien voulu accepter de renseigner le questionnaire. Celui-ci n’était pas constitué de questions adaptées à l’événement et à la population, mais d’éléments tirés de questionnaires d’études plus larges menées régulièrement par le Crédoc sur les aspirations et les conditions de vie des Français. Quelques questions ont également été reprises de sondages Eurobaromètres,…

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« Long way », Sociétal, n° 68, 2010, pp. 124-130.

La question noire américaine est loin d’être réglée. De gigantesques progrès ont accompagné l’évolution des droits et du marché de l’emploi. Les Afro-Américains continuent néanmoins à vivre des difficultés concentrées (géographiquement et socialement). C’est en remettant à l’ordre du jour, franchement, ces singularités, avec leurs responsabilités collectives et individuelles, qu’il sera possible d’avancer encore.

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« Les craintes à l’égard du déclassement », Regards croisés sur l’économie, n° 7, 2010, pp. 84-86.

Un spectre hante la société française : le déclassement. Le concept est assez riche pour désigner des phénomènes différents, mais convergents, et pour appeler, en raison de sa relative nouveauté, une réflexion innovante sur un État providence bien incapable d’assurer ce qu’il promettait : une certaine sécurité de destin.

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« Projet social et projet urbain. Remarques théoriques », Études foncières, n° 144, 2010, p. 43.

Se poser la question de la place du social dans le projet urbain, et, plus précisément, dans l’urbanisme opérationnel, revient souvent uniquement à comptabiliser le nombre de logements sociaux dans les annonces et réalisations des programmes concrets qui accompagnent le projet. Or le social ce n’est pas seulement du logement. L’impact social des interventions territoriales dépasse largement la réservation de foncier ou de bâti pour des populations particulières. Plus généralement la question se pose des liens entre politiques sociales et politiques urbaines. C’est tout le propos de cette contribution, à vocation plutôt théorique (certains liront ésotériques), que de souligner les…

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« Sans-abrisme et lutte contre le sans-abrisme dans l’Union européenne », L’Observatoire, n° 64, 2010, pp. 80-85.

L’année 2010 a été proclamée « année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ». Cette décision, visant la communication et la mobilisation, offre l’occasion de revenir sur l’une des dimensions les plus visibles et les plus prononcées de l’exclusion sociale : le sans-abrisme (le terme s’est imposé dans la littérature européenne).

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« Les politiques sociales au défi de l’innovation. Présentation de l’étude Futuribles », Regards (revue de l’En3s), n° 37, 2010, pp. 139-151.

(avec Pierre-Yves Cusset, François de Jouvenel, Sylvain Lemoine). Les politiques sociales sont, elles aussi, concernées par le processus d’innovation. Ce phénomène n’est pas récent, comme en témoigne, par exemple, la création des assurances sociales en Allemagne et sa diffusion dans les autres pays développés au tournant du XXème siècle.

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« L’urbanisation mondiale : bienfait ou fléau ? », Réflexions immobilières, n° 51, 2010, pp. 43-47.

2008 a signé, dans une certaine mesure, une inflexion dans l’histoire mondiale. La population urbaine est devenue majoritaire. Un être humain sur deux, soit environ 3,3 milliards de personnes, habitent maintenant en ville. Ils n’étaient qu’un sur dix au début du XXème siècle. D’ici à 2050, la population urbaine pourrait atteindre 6,4 milliards, soit 70 % des habitants de la planète. Cette puissante dynamique d’urbanisation suscite autant d’inquiétudes, en termes de développement durable par exemple, que d’espoirs, en termes d’émancipation et d’amélioration des conditions de vie.  

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« Uriner », Urbanisme, n° 370, 2010, pp. 66-67.

Uriner fait partie, avec d’autres besoins, de ces petits riens urbains auxquels tout le monde est confronté, mais sur lesquels peu d’experts ont bien voulu se pencher. Le sujet, qui détonne dans la sphère académique et fait sourire dans la discussion de café, est éminemment sérieux.

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« Zéro SDF, est-ce possible ? », Population & Avenir, n° 695, 2009, pp. 4-8.

Les hivers se suivent et se ressemblent : ils témoignent de la pérennité du mal logement. Ce dernier est tout particulièrement mis en évidence par les SDF (pour « sans domicile fixe »). Chaque année, quelques-uns d’entre eux, aux prises avec le froid, meurent dans nos rues. Cette grave question sociale, qui mérite un diagnostic précis, conduit à se demander si l’objectif de « Zéro SDF », éminemment souhaitable, est atteignable.

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« Tant qu’on a la santé », Sociétal, n° 66, 2009, pp. 127-133.

Davantage que la pauvreté, les inégalités seraient à l’origine de la plupart des problèmes sociaux et sanitaires. Cette thèse ressort aujourd’hui renforcée – ce qui fera plaisir aux tenants de l’égalitarisme (plus ou moins radical) – par des compilations et comparaisons de données internationales et infranationales (en particulier aux Etats-Unis). Si l’accumulation d’informations et de corrélations ne peut laisser insensible, l’intégrisme anti-inégalités a cependant des limites.

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« John Rawls. Le libéralisme équitable », Sciences humaines, n° 210, 2009, pp. 48-53.

Devenu « classique » et « monument » de son vivant, John Rawls (1921-2002) est l’auteur qui a récemment le plus profondément influencé la philosophie politique. Aucune œuvre n’a sans doute, au 20ème siècle, suscité tant de commentaires et d’interprétations. Chacun sur les échiquiers politiques et universitaires (au moins en philosophie morale) doit maintenant se situer par rapport à elle. La philosophie rawlsienne, abstraite des questions concrètes, n’est pourtant pas une guide pour la vie quotidienne ou pour la protection sociale. Sans applications pratiques immédiates, c’est une réflexion et des propositions générales pour une société juste.  

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« Une nouvelle perspective pour l’Etat-providence : l’investissement social »,Futuribles, n° 357, 2009, pp. 41-50.

Jacques Delors et Michel Dollé livrent avec Investir dans le social un ouvrage important. Ils souhaitent également délivrer un message engageant. Dans ce texte très documenté et d’une clarté remarquable, sur un sujet pourtant potentiellement très aride, ils font le constat de la crise, des remises en cause et de l’inadaptation relative de l’Etat-providence français. Surtout, ils suggèrent et instruisent la voie possible de l’« investissement social » pour l’orientation des réformes nécessaires.  

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« Le déclassement : définitions et perceptions », Regards sur l’actualité, n° 354, 2009, pp. 90-98.

Le déclassement désigne un sujet d’actualité mais également un concept relativement riche. En effet, il qualifie des phénomènes différents, mais convergents, et appelle, en raison de sa relative nouveauté, une réflexion innovante sur un État-providence incapable d’assurer ce qu’il promettait, soit une certaine sécurité de destin. Une littérature et des controverses spécialisées se développent actuellement autour de cette notion de déclassement. Sa définition, sa nature et son ampleur sont discutées. Certains aspects et explications du déclassement, comme la qualité et l’utilité des diplômes, ont suscité des polémiques. Un retour sur la caractérisation et les contours de ce phénomène appréciés par…

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« Les ’bonnes’ raisons des SDF », Commentaire, n° 125, 2009, pp. 169-173.

Une partie des sans domicile fixe (SDF) refusent les services proposés pour les aider. Le problème se pose de manière criante en hiver lorsqu’en période de grand froid certains mettent de la sorte leur vie en péril. Ces rejets sont souvent le fait des personnes visiblement les plus en difficulté, pour lesquelles ont été légitimés et montés depuis une vingtaine d’années les services chargés de traiter les problèmes dits de « grande exclusion ». Ce constat fait l’objet d’une large couverture médiatique. En revanche, les raisons de ce refus sont rarement analysées en profondeur.

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« Réfections démocratiques. A propos du récent cycle de travaux de Pierre Rosanvallon », Futuribles, n° 349, 2009, pp. 31-38.

Pierre Rosanvallon a entrepris un nouveau programme de réflexion sur la désaffection démocratique et sur le désenchantement politique. Les deux premiers volumes issus de cette recherche captivante plongent dans l’histoire des idées et du droit. Ils éclairent d’un jour érudit et clair le brouillage de la situation contemporaine. On y découvre aussi des modèles qui permettent de mieux saisir ce qui se dessine. Philosophie et science politique produisent une littérature proliférante autour de la démocratie. Rares sont les textes qui donnent l’impression de véritablement apporter quelque chose de neuf et d’utile. Les livres de Pierre Rosanvallon en font partie.

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