« Quelques leçons et observations pour la France », postface du rapport du Centre d’Analyse Stratégique, réalisé par Cyril Cosme, Politique de la ville. L’expérience américaine, Études, n° 2, Paris, La Documentation française, 2012, pp. 185-191.

Quels enseignements tirer, en France, de cette plongée dans le « mécano » administratif concret de la « politique de la ville » américaine ?

Il faut, d’emblée, souligner que l’expression même de « politique de la ville » est typiquement française. Rappelons que celle-ci, malgré son nom, ne concerne ni toutes les villes (toutes les communes ne sont pas concernées) ni toute la ville (car elle cible une géographie prioritaire de quartiers sensibles). Aux Etats-Unis, si zonage (zoning) il y a, la partition territoriale n’atteint en rien le degré français de précision des ZUS, ZRU et autres ZFU. Surtout, la « politique de la ville » – au sens du titre de ce document – est, d’abord, la politique des villes. Certes, les Etats et l’administration fédérale sont là. Impulsion, fonds, évaluations ne relèvent pas uniquement, loin de là, de la seule collectivité territoriale. Mais les exemples monographiques en témoignent amplement : ce sont des politiques des villes américaines que nous entretient Cyril Cosme, après, d’une part, décorticage des procédures et des rouges, et, d’autre part, lectures et rencontres de nombre de protagonistes et d’experts.

La « politique de la ville » dont il est question outre-Atlantique ne relève pas seulement de quartiers particuliers en difficulté, mais des villes dans leur ensemble qui, dans les années 1970, ont failli faire globalement défaut (comme l’on dit aujourd’hui) après avoir connu, depuis les années 1950, des mécanismes et dynamiques d’involution.

Avec peut-être un certain tropisme français, Cyril Cosme part et parle surtout des politiques publiques. Dans son texte, le développement communautaire, qu’il traite avec précision, n’est pas autant « cuisiné » (au sens culinaire) que les normes, les projets, les financements. On dispose, en tout cas, avec son ouvrage d’un double panorama, d’une part pour ce qui a trait à l’histoire urbaine américaine, et, d’autre part pour ce qui relève de la myriade de programmes mis en œuvre depuis des décennies pour remédier à la « crise » des villes aux Etats-Unis.

Quelques observations générales utiles pour le cas français nous semble pouvoir être extraites de ce travail, qui s’articulent autour de six interrogations.

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« Variations autour de la politique de la ville », conclusion du rapport du Centre d’Analyse Stratégique, Politique de la ville. Perspectives françaises et ouvertures internationales, Rapport & Documents, n° 52, Paris, La Documentation française, 2012, pp. 207-216.

Le Centre d’analyse stratégique s’implique, depuis sa création, dans l’observation et, surtout, la discussion de la politique de ville. En l’espèce, ses sujets d’investigation et d’interrogation se retrouvent dans ce nouveau rapport. Il en va ainsi des appréciations et débats autour des effets de quartiers, des statistiques ethniques, des mesures de la ségrégation et de la mobilité, ou encore des injonctions récurrentes à la participation des habitants. Le CAS accompagne donc désormais, avec d’autres observateurs et opérateurs, ce pan sophistiqué et disputé de l’action publique française.

Cette politique de la ville – un nom bien français pour un ensemble de dispositions et de moyens publics qui ne concernent ni toutes les villes ni toute la ville – présente bien des paradoxes. Alimentant une littérature spécialisée qui s’accumule, et que ce rapport vient lui-aussi grossir, elle fait l’objet, depuis l’origine, de multiples expertises et critiques. Ponctuellement, des émeutes urbaines replacent à la une la question des quartiers que l’on dit sensibles, prioritaires, défavorisés, voire populaires. Ponctuellement également, mais dans un autre genre, des rapports de la Cour des Comptes soulignent l’architecture baroque de cette intervention publique[1], son ciblage contestable et ses performances discutables. Le dernier en date, publié à l’été 2012[2], revient, notamment sur la dilution des actions, la permanence des difficultés, l’insuffisance du pilotage, l’éclatement des responsabilités, la juxtaposition et la substitution des dispositifs.

 

La litanie des déclarations enthousiastes, des appels ambitieux à la mobilisation, des critiques radicales est connue. L’actualité tient dans l’évaluation critique de la période récente qui a vu un investissement considérable en faveur de la rénovation urbaine. Elle tient également dans la mise au pot commun d’expériences et d’analyses issues d’autres contextes. C’est principalement sur ces deux points que le document proposé par le CAS insiste.



[1]. Pour se plonger dans le maquis français, on peut recommander Emmanuel Heyraud, La politique de la ville. Maîtriser les dispositifs et les enjeux, Berger-Levrault, 2010.

[2]. La politique de la ville une décennie de réformes, juillet 2012. www.ccomptes.fr

 

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“Les programmes performants de parentalite?”. Postface du rapport du CAS sur la parentalité (2012).

 

Parentalité, parentalité… Il s’agit tellement, aujourd’hui, de la soutenir que l’on en a un peu oublié de la définir. De quoi parle-t-on ? Avant quelques mots sur ce que l’on peut retenir d’une perspective internationale sur la question, regardons ce qu’il en a été de l’irruption récente, en France, de la notion.

Référence : “Les programmes performants de parentalité”, Posface in Marie-Pierre Hamel, Sylvain Lemoine (dir.), Aider les parents à être parents. Le soutien à la parentalité dans une perspective internationale, Rapport du Centre d’Analyse Stratégique, Paris, La Documentation française, 2012, pp. 167-170.

 

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