Les Français, le libéralisme et le pessimisme. Toujours aussi forts

Une enquête Eurobaromètre, réalisée fin décembre 2011 dans les 27 Etats-membres, livre de précieuses informations sur les perceptions qu’ont les Européens de leur situation actuelle, et sur ce qu’ils imaginent à l’égard de l’Union européenne pour l’avenir.

Du pessimisme
La question est assez classique. Et les résultats aussi. On demande aux personnes interrogées si elles estiment que la vie de leurs enfants sera plus difficile que la leur. Plus de six Européens sur dix sont d’accord avec une telle affirmation. Ce pessimisme a déjà été rapporté par d’autres enquêtes[1].

La Finlande est le seul pays où les habitants sont plus nombreux à croire que la vie des enfants demain sera plus aisée (40 % des réponses) plutôt que plus difficile (33%). Un quart des Finlandais estiment que ce sera la même chose. Si on range les pays selon le degré de pessimisme, en prenant en considération la réponse selon laquelle la qualité de vie des enfants sera dégradée quant ils auront atteint l’âge adulte, alors la Grèce arrive en tête du pessimisme (85 % des Grecs pensent de la sorte). La France est tout juste derrière avec plus de huit personnes sur dix qui pensent de la sorte. L’information n’est pas neuve, mais confirme bien le haut niveau de pessimisme français à l’égard de l’avenir. À des niveaux si élevés traditionnellement, il n’y pas eu de progression significative depuis la précédente enquête posant cette question, en 2009. En revanche, dans certains pays, particulièrement frappés par la crise, la progression est nette : 17 points en plus au Portugal, 10 points en plus en Espagne, 8 points en plus en Grèce.

La vie des enfants demain sera plus difficile que pour notre génération (en %)

Interrogés sur la vie en 2030, plus de la moitié des ressortissants européens pensent qu’elle sera plus difficile. Moins de 20 % pensent qu’elle sera plus facile. Les autres répondent qu’elle ne sera ni meilleure ni pire. Ce pessimisme a fortement progressé depuis 2009. Dans trois pays seulement, comptant parmi les moins aisés de l’Union, la Bulgarie, la Lettonie et la Lituanie, les optimistes sont plus nombreux que les pessimistes. Dans tous les autres le pessimisme est de mise. Dans le peloton de tête des plus inquiets, on trouve les Grecs et les Chypriotes mais aussi les Luxembourgeois, les Belges et les Français. Les deux-tiers de ces derniers pensent qu’en 2030 la vie sera plus difficile pour les citoyens européens.

À l’horizon 2030 la vie des citoyens européens sera plus difficile (en %)

Les Français et le libéralisme…
Une information frappante est pour la fin de l’enquête. Comme pour le pessimisme, il s’agit plus de confirmation que de réelle nouveauté. Mais l’ampleur du phénomène est très claire. Alors que les deux-tiers des Européens considèrent que la concurrence libre est la meilleure garantie pour la prospérité économique, la France est dernière du classement. Certes les Français sont majoritaires (55 %) à se dire d’accord, mais, dans le concert européen, ils sont les derniers. Très loin derrières les habitants des pays Baltes, les Allemands ou les Danois.

« La libre concurrence est la meilleure garantie pour la prospérité économique » (accord, en %).

C’est sur ce point, capital, des réserves à l’égard du libéralisme économique, que les Français détonnent totalement. Même s’ils ne sont pas mauvais  en matière de pessimisme.

Source : Futur of Europe, Eurobaromètre spécial, n° 379, 2012.

 



[1]. Voir, par exemple, l’Eurobaromètre spécial n° 72, en 2009, qui rapporte des résultats globalement similaires.

 

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