Les classes moyennes (PUF, “Que sais-je ?”, 2013)

LES CLASSES MOYENNES


UN PLURIEL OBLIGÉ. Les classes moyennes, auxquelles s’identifient aujourd’hui majoritairement les Français, rassemblent les individus situés entre les moins bien lotis et les plus fortunés. Ces classes moyennes méritent leur pluriel, d’abord parce qu’il est impropre de vouloir condenser sous une appellation unique un ensemble de situations qui n’ont pas forcément grand-chose à voir. Elles méritent également leur pluriel, car les études ne prennent pas en considération les mêmes périmètres. Le pluriel s’impose, enfin, car si l’on s’extrait du cas français pour s’ouvrir aux réalités européennes et mondiales, il apparaît une formidable diversité des situations, des trajectoires et des perspectives.

MOYENNISATION ET DÉMOYENNISATION. On signale à l’envi, dans les pays occidentaux, le déclassement relatif et l’inquiétude des classes moyennes, tandis que dans les pays émergents des classes moyennes seraient en cours d’apparition, à l’aube d’une phase d’expansion. Il y aurait ainsi des dynamiques de « moyennisation » dans des pays émergents et des dynamiques de « démoyennisation » dans des pays du vieux monde. Espèce en voie de disparition d’un côté du monde, espèce en épanouissement de l’autre.

VARIÉTÉ THÉORIQUE. Certains experts critiquent une auberge espagnole conceptuelle, une mosaïque hétéroclite. D’autres sont réservés sur une étiquette qui peut paraître d’un autre âge (celui de la supposée totalement passée lutte ces classes). Des penseurs de haut rang ont souligné leur caractère moderne et avant-gardiste. D’autres, ont déploré leur conservatisme et leur frilosité. L’orthodoxie marxiste a, de façon récurrente, annoncé leur inéluctable disparition. D’autres sociologies les érigent en pôles de stabilité qui s’étoffent.

UN SUJET TRÈS ACTUEL. Célébrées, critiquées, courtisées ou méprisées selon les époques et les auteurs, elles font tout spécialement maintenant l’objet d’observations attentives et de prises de position. Situées à l’épicentre des questions sociales et des préoccupations électorales, elles intéressent.

PANORAMA DES SITUATIONS ET PROBLÉMATIQUES. L’ambition de ce livre est de proposer synthèse et ouverture, en revenant, d’abord, sur les définitions et évolutions des classes moyennes françaises. Relativisant les thèses qui insistent sur leur déclin et sur leur relégation vers le périurbain, l’ouvrage insiste sur la place qu’elles occupent dans l’édifice des politiques sociales. Il traite, ensuite, de l’érosion de la middle class américaine qui vit une incontestable « démoyennisation ». Enfin, le texte aborde l’éclosion des classes moyennes émergentes, parfois analysée comme naissance d’une classe moyenne globale, ce qui permet de dépeindre et discuter une « moyennisation » à l’œuvre.

 

Introduction

Délimitation : définitions et méthodes

Un sujet ancien revenu à l’ordre du jour

Trois approches et trois perspectives françaises

Déclin et paupérisation ou stabilité et progrès ?

Portraits européens

Redistribution et localisation : les classes moyennes françaises pénalisées ?

Des classes moyennes désavantagées par l’Etat-providence ?

Le déclassement par les coûts et la politique du logement

Des classes moyennes condamnées au périurbain ?

Synthèse : les quatre « e » des difficultés des classes moyennes

Démoyennisation : l’érosion de la middle class américaine

Une identification puissante mais faiblissante

Le déclin du revenu moyen américain

Un sujet politique maintenant absolument central

Réagir à la démoyennisation

Moyennisation : l’éclosion d’une classe moyenne globale

Retour sur les définitions et délimitations

Une affirmation embryonnaire, une explosion à venir

Les conséquences de l’affirmation des classes moyennes émergentes

Conclusion. Un marqueur international : la voiture

 

 

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