« Pauvres gares… de pauvres », Urbanisme, n° 382, 2012.

Une expression que l’on retrouve sous la plume de nombreux experts de la pauvreté avance que le droit des pauvres serait un pauvre droit. Il y a là simplement un jeu de mots, et non un adage juridique. On pourrait fonctionner par similitude, et estimer que la gare des pauvres est une pauvre gare. L’inverse se soutiendrait tout aussi plausiblement. Mais tout ceci, précisément, n’est que rhétorique. Qu’est-ce qu’une pauvre gare ? Et qu’est-ce qu’une gare de pauvres ? En quoi les banlieues seraient-elles principalement concernées ?

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« Fraudeurs dans les transports en commun », Urbanisme, n° 378, 2011, p. 16

Les opérateurs et les financeurs des transports collectifs ont, en France, du souci à se faire. La fraude, difficile à qualifier juridiquement et à quantifier précisément, rassemble des étourdis, des rebelles, des joueurs ou des calculateurs. Les chiffres correspondent, comme pour la plupart des données de la délinquance, à une mesure des activités de lutte contre la fraude. Imprécisions et inquiétudes caractérisent donc un dossier important. Mais si les responsables des investissements, de l’exploitation et de la sécurité ont à se faire des cheveux blancs, c’est parce que la tolérance française à l’égard de cette fraude singulière est élevée.

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« Quel avenir pour les cimetières urbains ? », Urbanisme, n° 377, 2011, p. 12.

La progression de la crémation (plus d’un quart des obsèques maintenant contre 1 % en 1980) est à mettre en relation avec la préférence majoritaire, exprimée par la population aujourd’hui en vie (dont celle qui est encore très éloignée de l’échéance ultime,) pour ce choix qui, partant, relègue peu à peu l’inhumation. Ce recours accru, appelé encore donc à grandir, a pour conséquence une transformation de la place et du rôle des cimetières. Il traduit de profondes transformations des mentalités et des représentations. À terme, il invitera à reconsidérer, en profondeur, les cimetières, leur emplacement et leurs usages.

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« ’Ghetto’ et ’mixité sociale’ selon les dépêches AFP » , Urbanisme, n° 375, décembre 2010.

Les expressions « ghetto » et « mixité sociale » campent en bonne position du palmarès des termes maintenant les plus employés et les plus discutés lorsque l’on aborde les politiques urbaines. Un court détour par les dépêches AFP permet un peu de clarté et de rappel dans le langage et les débats français. On verra, notamment, que l’usage du « ghetto » s’est, en réalité, progressivement effacé, tandis que celui de « mixité sociale » (dans une certaine mesure, en réponse au premier) s’est, lui, récemment étendu.

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« Les villes face aux défis de l’attractivité. Classements, enjeux et stratégies urbaines », Futuribles, n° 367, 2010, pp. 25-46.

Depuis une décennie, la notion d’attractivité fait florès dans les approches consacrées aux territoires comme dans les discours des élus et les travaux des experts. L’attractivité peut a priori apparaître comme une notion fourre-tout donnant lieu à un florilège d’indicateurs de toute sorte et à un nombre désormais impressionnant de palmarès dont la cohérence n’est pas toujours évidente. Mais ne s’agit-il que d’un mot-valise à l’usage d’un marketing urbain de circonstance ou, au contraire, d’un nouveau concept indispensable à l’évaluation de la performance et de la dynamique des territoires ?

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« Les incendies comme indice d’inégalités ? », Urbanisme, n° 373, 2010, p. 7

La Préfecture de Police de Paris a publié la carte des incendies qui ont eu lieu en 2008 par arrondissement. Le document renseigne les habitants sur les occurrences des sinistres. Une telle information est utilisable pour approcher nombre de problèmes sociaux et urbains. On pense à l’hétérogénéité de la qualité du bâti. On peut aussi avoir à l’esprit l’escroquerie aux assurances. On peut encore penser à la diversité (et parfois à la vétusté) des équipements, notamment d’éclairage et de chauffage, dans les bâtiments. On peut imaginer disposer, de la sorte, d’une approche particulière des inégalités. Il y a bien sur inégalités, de fait, face à ce risque particulier, mais ce risque est certainement lié aux conditions sociales d’habitation.

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